intramuros  tous les jours, retracer mes deplacements dans paris jusqu’a ce que l’ensemble de ses rues aient ete parcourues...

Depuis les premiers voyages de découverte, la nature de l'exploration a bien changé : il ne s'agit plus de se rendre maître des Terrae Incognitae, mais de procéder par forage ou échantillonnages, par prélèvement et relevés, au cours de veritables expéditions dans le réel vécu.
Nicolas BOURRIAUD - Topocritique : l'art contemporain et l'investigation géographique

Commencé en Juillet 2002, Intramuros est dans sa forme une sorte de journal de bord.
Transcription singulière d’un quotidien, il révèle, bien que limité aux seuls déplacements, de nombreux éléments - habitudes, limites, contraintes, errances etc... - tout en gardant une part de mystère.
Intramuros
est le reflet d’une pratique de la ville. 
Intramuros est archivage, Intramuros est mémoire.
Mais Intramuros est avant tout un travail graphique sur le déplacement et la cartographie, qui prend sa force dans l’accumulation, la superposition et le temps, dont on trouvera trois formes complémentaires : des tracés journaliers, leurs superpositions mensuelles et leurs accumulations depuis le début du projet.
Sur chacune d’entre elles, le temps est petit à petit “aplati”, les tracés se suivent, s’enchaînent, se superposent, se coupent, se mélangent pour finalement détruire toute chronologie. Aucune orientation. Ni point de départ, ni point d’arrivée, uniquement des limites. La disparition du plan enlève définitivement tout repère et tout code pour ne laisser place, dans les tracés quotidiens, qu’au seul dessin, structure quasi minimaliste. La succession des enregistrements permet de s’abstraire du manque causé par cette disparition, de se laisser happer par les formes, de chercher des points de convergences, d’envisager des narrations...
Les superpositions gardent une dimension graphique, plus complexe, tout en réintroduisant un semblant de code basé sur la pratique de l’espace même, les trajets qui se répètent et se superposent créant notamment des échelles de valeur.
Les synthèses quand à elles annihilent progressivement toute tentative d’assujettissement à une quelconque narration pour ne plus laisser place qu’à une nouvelle cartographie avec son propre code, à un espace urbain réapproprié.

Déconstruction de l’espace urbain en flux élémentaires dont l’agrégation reconstitue un réseau singulier et redéfinit un territoire...