LONG CHEMINS tentative de réappropriation -illusoire- des œuvres de Richard Long...

 
Il est faux de penser que mes sculptures de paysages ne sont jamais vues : elles le sont quelquefois par les habitants de la région, parfois alors que je suis en train de les faire, ou bien elles sont découvertes par hasard par des gens qui pourront ne pas les reconnaître comme étant de l’art, mais qui les verront quand même.
Richard LONG

La découverte du Land Art - et des oeuvres de Richard Long en particulier - il y a quelques années a coïncidé avec mes premières expériences artistiques. Et c’est logiquement que ce projet, en germe depuis très longtemps maintenant, vient dans le prolongement de ce type de démarche, en se voulant, au départ tout du moins, une tentative de réappropriation d’une partie des oeuvres de Long. Il est maintenant clairement reconnu que les travaux de cet artiste jouent un rôle majeur dans l’histoire de l’art de cette seconde moitié de XXème siècle; le fait de me les réapproprier me semble un moyen intéressant de marquer cette reconnaissance, au même titre que nombre d’oeuvres modernistes ont pu l’être - volontairement ou non et de façon plus ou moins critique - par un certain nombre de pratiques appropriationnistes contemporaines. 
Le type de réappropriation réalisée ici est basée non sur une oeuvre en particulier mais sur L’oeuvre de Long en tant qu’entité ayant son évolution propre et a impliqué une relecture complète de son travail. Mais elle n’est pas pour autant une réappropriation critique du travail de Long. Elle est bien plutôt une réappropriation critique d’elle même, critique de la réappropriation en tant que telle, pointant ses contradictions et ses impasses lorsqu’on aborde le champ des oeuvres dites éphémères et d’un travail aux évolutions multiples, le corpus de Long étant de ce point de vue on ne peut plus exemplaire. 

Enfin, et c’est là que se voudrait l’essentiel de mon propos, ce travail de réappropriation me semble un moyen - un outils ? - intéressant pour envisager de nouvelles perspectives dans les pratiques contemporaines dans le prolongement du Land Art, qui restent à mon sens soit trop liées aux pratiques ‘originelles’ de ce mouvement (ne résolvant pas les impasses dans lesquelles il s’est engagé à cette époque et se trouvant quelque peu décalé par rapport aux préoccupations artistiques contemporaines), soit encore par trop formelles et décoratives (et pour le coup trop éloignées des aspirations de ce mouvement)

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